PRESENTATION D'AFRICA LUZ


Africa Luz est ONG, également association selon la loi 1901, dont le dépôt légal date du 11 juillet 1995.

L'objet de l'association est, aux termes des statuts, d'apporter son concours à l'effort des pays africains pour lutter contre la cécité.

L'association se propose en particulier :

  • D'amener à pied d'oeuvre des groupes médico-chirurgicaux destinés à prendre en  charge les besoins en soins ophtalmologiques des populations concernées, en harmonie avec les orientations nationales en matière de santé publique, et en concertation avec les ophtalmologistes nationaux. Ces groupes seront mis en oeuvre initialement par des  personnels expatriés, bénévoles ou salariés de l'organisation, avec souci de former la  relève africaine.
  • De participer à la contribution d'unités de soins ophtalmologiques fixes dans des  structures hospitalières déjà existantes lorsque l'importance de la demande de soins le justifiera.
  • De participer à la formation ophtalmologique continue des médecins et des personnels para -médicaux exerçant dans les pays concernés, et de susciter parmi eux des vocations à l'exercice de l'ophtalmologie.
  • De promouvoir des actions de prévention des cécités évitables.

En fait, Africa Luz existait de manière informelle bien avant sa naissance légale puisque ses véhicules et ses membres travaillaient depuis le début de 1994 au nord Cameroun. Ils y  intervenaient en appui de l'ONG Ophtalmo Sans Frontières, qui y exploite des centres médico-chirurgicaux fixes, et avec laquelle nous avons conservé des relations de complémentarité.

Parmi les principes guidant notre action, nous citerons essentiellement :

  • La volonté de rechercher le dialogue avec les autorités de tutelle des pays hôtes, et de se plier au schéma directeur national de lutte contre la cécité, ceci suppose une discussion d'objectifs quantifiés et géographiquement définis. Il paraît de plus en plus délicat d'intervenir en franc-tireur humanitaire dans les pays africains.
  • Le souci de développer une collaboration étroite avec les ophtalmologistes  nationaux, qui sont souvent choqués d'apprendre que des «safaris médicaux» les ont superbement ignorés. D'autre part, nos collègues africains francophones sont très opposés aux cursus de formation d'infirmiers à la chirurgie oculaire, calqués sur les habitudes des pays de culture anglo-saxonne ; ils craignent à juste titre que des diplômes délivrés à l'issu de tels séminaires n'amènent, au lien d'un accroissement de l'efficacité de la médecine communautaire, une prolifération d'installations dans le secteur privé d'opérateurs au rabais. Cette concurrence sauvage peut-être un ferment redoutable de déstabilisation de la profession médicale.
  • L'élitisme dans le choix des intervenants. On entend trop souvent évoquer l'Afrique comme un vaste champ d'expérience sous risques pour des opérateurs débutants qui viennent, avant leur installation, acquérir un vernis chirurgical. Or, les  populations que nous soignons méritent notre respect, les yeux que nous rencontrons  sont fragiles, et les interventions sont souvent délicates, les complications redoutables. Entre les mains de personnel insuffisamment expérimentés, cela peut amener à s'interroger sur la iatrogénicité des organisations humanitaires, et partant sur une crise de confiance des populations qui risquent de se retourner vers les tradi-praticiens. En n'enrôlant que des opérateurs chevronnés, non seulement on peut accroître  considérablement l'efficacité de nos structures, mais encore on est à même de faire de la formation médicale continue pour nos collègues africains qui en sont très demandeurs.
  • Le parti-pris d'une chirurgie moderne, avec en particulier l'insertion systématique, au cours de la chirurgie de la cataracte, d'implants intra-oculaires. Dire que l'implantation complique beaucoup la chirurgie, ou génère des complications spécifiques tient du combat d'arrière garde ; il y a bien longtemps que les  ophtalmologistes européens ont tordu le coup à ce genre d'idées.

A l'inverse, le patient qui a bénéficié de l'insertion d'une lentille intra-oculaire récupère une vision dont la qualité est sans aucune comparaison avec la vue d'un opéré aphaque. Il n'y a dés lors plus de comparaison possible avec les résultats de l'abaissement (chirurgie archaïque des guérisseurs traditionnels).

Dernier argument, le prix de revient pour le patient d'une intervention avec implant intra-oculaire pratiquée par l'ONG AFRICA LUZ est paradoxalement moins élevé que celui d'une intervention traditionnelle complétée par l'indispensable paire de lunettes d'aphaque.

LA CECITE DANS LE MONDE A L'AUBE DU TROISIEME MILLENAIRE


Selon les dernières statistiques de l'OMS, il y avait dans le monde en 1997 :
  • 180 millions de personnes souffrant d'une incapacité visuelle (acuité visuelle inférieure à 3/10 avec correction).
  • 135 millions souffrant de basse vision (acuité comprise entre 3/10 et 1/20).
  • 45 millions d'aveugles (acuité visuelle inférieure à 1/20).

90 % des aveugles vivent dans les pays en développement, et l'Afrique est le continent le plus défavorisé avec 12 millions de personnes victimes d'une cécité bilatérale.

La première cause de cécité est la cataracte. On estime le nombre d'aveugles par cataracte à 20 millions, dont 5 millions en Afrique.

80 % des cécités sont évitables, par un traitement, médical ou chirurgical, ou grâce à des mesures de prévention.

On a observé une relation étroite entre la cécité et l'âge, la prévalence augmente considérablement à partir de 45 à 50 ans.

Selon la projection sur les 25 prochaines années :

  • La population du globe va passer de 6 à 8 milliards d'individus,
  • Le vieillissement va s'accentuer faisant passer les plus de 45 ans de 1 à 2 milliards, et ce d'une façon plus marquée dans les pays moins développés.
  • On observera en même temps une diminution du rôle des états dans le soutien à la lutte contre la cécité.
  • La prévalence du diabète va doubler, faisant passer la population touchée de 135  millions à 300 millions (entre 95 et 2025) : 87 % des nouveaux cas apparaîtront dans les pays en voie de développement.

Selon ces données, l'écart va s'accentuer entre les riches et les pauvres, au regard d'une médecine sophistiquée et coûteuse d'une part, de la marginalisation et de l'exclusion d'autre part.

La tragique conclusion est que le nombre d'aveugles va augmenter de 2 millions de cas par an.

Plus que partout ailleurs, la non-voyance va progresser de façon extrêmement préoccupante sur le continent africain où les plans nationaux de lutte contre la cécité ont du mal à sortir de l'abstraction, et où les initiatives de solidarité internationale s'essoufflent devant l'ampleur de la tâche, et le fléchissement de la motivation des bonnes volontés dans les pays développés.

Africa Luz refuse d'entériner cette fatalité et souhaite renforcer son action tant dans les pays de la communauté pourvoyeurs, que dans les pays bénéficiaires du continent africain.

RESSOURCES D'AFRICA LUZ


L'acquisition des moyens techniques de l'association a été rendue possible grâce à de nombreux actes de générosité.

La société japonaise TOMEY a fait don de 900 000 F de matériel de consultation.

Actuellement, le parc roulant présent au BURKINA se compose de :

Un véhicule léger tout-terrain ISUZU (8 ans d'âge) pour le transport des  chirurgiens.

Un microscope opératoire est un don de la société HEXAVISION. Les deux suivants ont été offerts par le centre «Luz Clinic».

Environ trois mille implants intra-oculaires ont soit été donnés, soit vendus à un prix dérisoire par les sociétés CORNEAL, SCHMIDT, IOLTECH, IOLAB, ALLERGAN.

Plus de 20 000 paires de lunettes ont été collectées en Europe.

Dans la mesure de nos moyens, nous assurons l'acheminement des hommes et du matériel, ainsi que les consommables médicaux, sans que le pays hôte n'ait à ouvrir une ligne budgétaire. Les praticiens bénévoles se charge eux-mêmes de leurs frais d'acheminement.

Enfin, nous faisons largement appel à la solidarité, au travers des abonnements de soutien à notre Lettre semestrielle, et des dons divers que nous recevons.

Africa Luz n'a atteint que récemment sa «majorité». Avant une certaine ancienneté, il n'est pas possible à une ONG d'ambitionner d'être un interlocuteur valable pour les institutions. Nous avons maintenant démontré notre vitalité, et nous avons entamé des démarches pour sensibiliser les pouvoirs publics à notre action.

FRAIS DE FONCTIONNEMENT


Sur place, nous nous sommes alignés sur le principe généralement admis du recouvrement des coûts qui finance les frais engendrés par le fonctionnement. A titre d'exemple, au Niger et au Burkina Faso, le prix total payé par le patient pour une intervention de cataracte est de 10 000 FCFA (soit 15 euros), incluant l'implant intra-oculaire et un flacon de collyre pour le traitement post-opératoire. Les consultations sont maintenant payantes. Les lunettes sont vendues entre 3 et 4 euros. Le produit de notre activité n'est pas en général suffisant pour assurer :

  • le salaire des permanents :
1 chauffeur-technicien-maintenancier au Burkina
  • la subsistance et l'hébergement de l'ensemble des intervenants,
  • le carburant du véhicule et des groupes électrogènes,
  • les frais de maintenance du véhicule
  • la location d'un local à Bobo Dioulasso
  • l'achat de pack chirurgicaux complets achetés à la société Aurolab.

L'administration et la gestion de l'association sont assurées bénévolement en France par :

  • Jean Louis DOUENNE, président fondateur
  • Vincent PHILIPPOT, Président
  • Pantxika HERNANDORENA, Secrétaire

BUDGET DES MISSIONS

Le budget d'une pré mission


Il est d'environ de 1000 euros, ces 1000 euros sont répartis en :

  • frais de voiture, d'essence pour aller dans les différentes localités,
  • frais de salaire pour les techniciens et infirmiers qui participent et,
  • frais de logement et de nourriture.

Le budget d'une mission


Il est environ de 3 à 5000 euros en fonction du nombre de personnel que nous utilisons. La répartition est identique entre les frais de voiture, les logements, la nourriture et les salaires des employés.

Le budget d'une post-mission


Il est également de 1000 euros.

Le budget global des trois étapes s'élève environ de 5 à 8000 euros par mission.


Le règlement des interventions est en moyenne de 10 000 FCFA soit 15 euros par cataracte. Ce règlement nous permet de payer une partie des salaires et de subvenir à une partie de nos frais.
Malheureusement, nous sommes toujours en déficit à chaque mission.
Ce déficit est plus ou moins épongé par les dons, les aides et subventions que nous réussissons à obtenir.

Notre projet Burkina est donc actuellement bien établi avec 4 centres où nous pourrons travailler en parfaite collaboration avec les hôpitaux ainsi que leurs directeurs et ainsi que les équipes d'infirmiers et d'ophtalmologistes locaux. Ces 4 centres vont être bien répartis dans les différentes missions.

L'équipe des chirurgiens bénévoles que nous avions au Niger est toujours présente et toujours disponible. Ceux sont des chirurgiens bien aguerris à ce genre de chirurgie.
Leur disponibilité est toujours grande malgré les occupations professionnelles de chacun.
Actuellement notre base est fixée à Bobo Dioulasso où nous louons une modeste villa pour entreposer tout notre matériel, le parc roulant ainsi que le microscope et tout le nécessaire chirurgical.

Le départ de ce projet au Burkina semble bon. Le pays est très accueillant, les zones où nous allons travailler restent très vastes et avec une densité de personnes mal-voyantes très importante.

Il est certain que la partie financière est notre seul problème insoluble pour l'instant.

ORGANISATION & LOGISTIQUE DE NOS MISSIONS


  • Nous pratiquons d'abord une pré mission toujours en collaboration avec les techniciens supérieurs d'ophtalmologie de l'endroit où nous allons opéré ainsi que le Directeur de l'hôpital et ainsi que, s'il en existe, les ophtalmologistes locaux.
Cette pré mission a pour but de consulter le plus grand nombre de personnes possible afin de dépister toutes les cataractes locales, toutes les cécités possibles et de les programmer pour la mission qui a lieu en principe trois semaines après.
Cette pré mission se déroule dans de nombreuses localités avec un infirmier ou un ophtalmologiste local.

  • La deuxième partie consiste en la mission elle-même avec les chirurgiens expatriés de France et dans des locaux de l'hôpital qui nous ont été prêtés.

Nous opérons environ 10 à 15 jours de suite. La technique chirurgical est toujours
la même : chirurgie de la cataracte avec technique extra capsulaire et pose de l'implant de chambre postérieure. Toutes les règles d'asepsie possible sont respectées en pré-opératoire et en post-opératoire.
Nous opérons donc dans des blocs opératoires totalement aseptisés avec des microscopes parfaitement au point et du matériel tout à fait adapté.

Les malades, une fois opérés, sont mis sous antibiotique local et général. Ils sont revus le lendemain. Une deuxième consultation est prévue au bout de 10 jours et enfin, une troisième consultation prévue au bout d'un mois et demi.

Au total : nous opérons environ entre 100 et 150 cataractes par mission. Tous les malades sont suivis très régulièrement et ne sont relâchés dans leur foyer, bien souvent éloigné, que lorsque tout risque d'infection ou de problème est complètement évité.

  • Il existe enfin une troisième étape qui est la post mission pratiquée un mois après la mission. Celle-ci est pratiquée par un infirmier ophtalmologiste local ou par un ophtalmologiste local.

Elle consiste à revoir le maximum d'opérés de la période précédente et de refaire un dernier contrôle, éventuellement d'adapter les lunettes ou de prolonger un traitement.

BILAN AU NIGER


LA PRESENCE D'AFRICA LUZ AU NIGER DE 1999 A 2007


LE BILAN


Nos missions se sont déroulées, essentiellement loin de Niamey, et un peu partout dans le pays dans les endroits les plus démunis sur le plan ophtalmologique.

Depuis notre arrivée au Niger en 1999, nous avons effectué au total :

25 missions sur 305 jours de travail

 

BILAN DES MISSIONS

 
  • 9634 CONSULTATIONS
  • 5045 ACTES CHIRURGICAUX :
3598 CATARACTES
384 GLAUCOMES
921 TRICHIASIS
142 AUTRES INTERVENTIONS